Après avoir fait la quasi-totalité de sa carrière en France, Stéphane Bahoken a décidé de relever un nouveau challenge en Turquie, à Kasimpasa.

L’expérimenté attaquant international camerounais aux plus de 150 matchs de Ligue 1, passé par Nice, Strasbourg et Angers, s’est confié à Foot Mercato sur sa nouvelle vie à Istanbul. Avec toujours un objectif en tête : celui de s’envoler au Qatar pour le Mondial 2022.

Une nouvelle aventure. Voilà ce que recherchait Stéphane Bahoken (30 ans) l’été dernier à la fin d’une relation de 4 ans avec Angers. Après la quasi-majorité de sa carrière passée en France, où il compte 153 matchs de Ligue 1 à son actif (33 buts), l’attaquant formé à Nice et passé par Strasbourg a opté pour la Süper Lig turque, où il fait désormais le bonheur de Kasimpasa.

Le club stambouliote, doté d’infrastructures à faire rougir des écuries bien plus importantes, propose un cadre de travail idéal ayant fait dire à l’international camerounais (22 capes, 4 buts) que c’était bien là qu’il aurait le plus de chances de disputer la Coupe du monde 2022.

Ses bons débuts (3 buts, 2 passes décisives) peuvent lui donner de l’espoir, alors qu’il devrait revenir à la compétition ce vendredi, contre Ankaragücü, après avoir manqué seulement la rencontre face à Konyaspor (1-1) en raison d’un petit souci aux ischio-jambiers. Ouvert, souriant et surtout honnête, le meilleur buteur des Lions Indomptables lors de la CAN 2019 s’est confié sans rien éluder à Foot Mercato.

Foot Mercato : comment allez-vous depuis votre départ d’Angers et votre arrivée en Turquie ?

Stéphane Bahoken : ça va très très très bien, je suis agréablement surpris de la vie en Turquie et surtout à Istanbul. Agréablement surpris du club dans lequel j’ai signé aussi. Franchement, les infrastructures ici à Kasimpasa, c’est incroyable. C’est digne des plus grands centres d’entraînement d’Europe. C’est très positif d’un point de vue footballistique.

FM : le choix Kasimpasa a-t-il justement été motivé, notamment, par les infrastructures du club ?

SB : oui, ça a fait partie de ma réflexion. J’avais aussi soif d’aventure. Ça faisait un petit moment que j’étais en France, en Ligue 1, j’avais envie de découvrir un autre championnat. Avant de signer ici, j’avais vu les infrastructures et l’environnement de deux autres clubs en Turquie (le MKE Ankaragücü et Sivasspor, comme nous vous le révélions, NDLR). Très honnêtement, le cadre de travail ici est très impressionnant.

FM : sur le terrain, ça se passe bien pour vous (3 buts, 2 passes décisives en 11 matchs). Comment expliquer cette adaptation express à la Süper Lig ?

SB : ça se passe bien parce que le directeur général et le coach m’ont appelé en me disant qu’ils voulaient que je sois l’attaquant n°1, que je les aide à progresser. Ils l’ont dit et ils l’ont fait. Chaque match, je joue 90 minutes, je ne sors même plus. Je me suis vite adapté, le coach me laisse faire les matchs en entier. Grâce à ça, je peux progresser, être plus décisif et retrouver du plaisir comparé à ma saison dernière, qui était très compliquée. Je suis allé au bout de l’histoire avec Angers. Parallèlement, j’étais la priorité de Kasimpasa, et c’était très important pour moi. Le club me voulait vraiment, et c’est en grande partie ce qui fait que je me sens bien ici.

 FM : cette volonté affichée par Kasimpasa de vous recruter est-elle l’élément décisif dans votre choix de carrière ?

SB : avec la Coupe du monde qui arrive, avec le Cameroun, mon état d’esprit était de jouer avant tout, d’avoir le maximum de temps de jeu possible. Kasimpasa me garantissait ça. J’ai aussi reçu des offres de clubs de Ligue 1, mais je voulais avoir cette assurance de jouer tous les matchs, de m’épanouir et de, comme je l’ai dit, de découvrir un autre championnat.

FM : la présence de Valentin Eysseric ou d’autres francophones a-t-elle aidé à s’adapter ?

SB : complètement. Déjà, quand je suis arrivé et que j’ai visité les installations ici, les dirigeants ont bien manigancé (il rigole). Il y avait Val’ (Valentin Eysseric), qui m’a un peu expliqué comment ça se passait. Il m’a aussi rassuré par rapport aux salaires, on va être clair. Il m’a dit que ça faisait un an qu’il était là et que Kasimpasa paye au plus tard les 5 du mois. C’est aussi quelque chose de rassurant. J’avais déjà joué avec Valentin à Nice et contre lui en jeunes, donc sa présence a vraiment joué dans ma décision de venir ici.

FM : l’adaptation sur le terrain, avec vos partenaires, dans la compréhension, dans l’assimilation du style de jeu, comment ça se passe ?

Bahoken, l’artificier de Kasimpasa

SB : ça se passe plutôt bien. Il y a quand même 4 francophones dans le secteur offensif (un Belge, un Tunisien et un Sénégalais), donc ça va, on parle français. Pour le reste, on parle anglais. Je suis bilingue. Pour la compréhension, il y a un traducteur. Je prends quelques petits cours en turc pour vite m’adapter et découvrir une autre langue. Mais on communique tous en anglais.

FM : en avril dernier, vous disiez « un attaquant, son match est complet que quand il est décisif ». Votre début de saison est bon et intéressant, mais vous ne devez pas totalement être satisfait de vous ?

SB : égoïstement, un attaquant est content quand il a marqué son but ou qu’il a été décisif. Mais collectivement parlant, tant qu’il sait qu’il a influé sur le score du match en faveur de son équipe, il est aussi content.

« On rêve tous de jouer au Real Madrid, mais je suis très content du choix que j’ai fait »

FM : Kasimpasa a terminé seulement 2 fois en 8 ans dans la première partie de tableau. Pouvez-vous les emmener plus haut ?

SB : très honnêtement, cette année, on a un très très bon groupe. On a Valentin, tout le monde connaît son talent. On a une équipe qui sait jouer au ballon, qui sait faire plusieurs choses à la fois. Le seul problème, c’est qu’il faut qu’on gagne plus en confiance et en constance. On a très mal commencé, on a très bien enchaîné en suite et là, on plonge un peu. Au top de notre forme, on a les capacités d’être au moins dans le top 8. On a tout pour y être.

FM : quel est votre objectif personnel ?

SB : de faire gagner le plus de points possible à l’équipe pour terminer plus haut. En termes de buts, j’ai un nombre en tête, mais je préfère ne pas le dire pour pas me porter la scoumoune comme on dit. Mais c’est d’être le plus décisif possible pour mon équipe.

FM : aviez-vous un jour « rêvé » ou « espéré » jouer en Turquie ?

SB : non, pas forcément. Avant d’être ici, je ne connaissais pas la Turquie, je n’y étais même jamais venu en vacances. Une carrière, ce n’est pas linéaire. Il y a toujours des opportunités qui viennent à un certain moment de ta carrière. Celle-là est venue, je me suis dit « pourquoi pas ». Ce n’était pas mon objectif principal. Très honnêtement, on rêve tous de jouer au Real Madrid, mais je suis vraiment très content du choix que j’ai fait, je suis très épanoui.

FM : quelles différences existe-t-il entre la Ligue 1 et la Süper Lig ?

SB : en Turquie, le jeu est moins tactique qu’en France. Il y a plus de buts, plus de retournement de situation. Le jeu est plus ouvert ici qu’en France.

FM : vous prenez donc plus de plaisir sur le terrain…

SB : oui, j’ai plus d’espace, plus d’occasions qu’en France. On prend plus de plaisir quand on a plus d’espace.

FM : et puis comment ne pas évoquer l’ambiance dans les stades…

SB : clairement. Encore une fois, ça dépend des clubs en Ligue 1, mais depuis que je suis arrivé en Turquie, quand on va dans les stades, que ce soit Galatasaray, Besiktas, Fenerbahçe, même dans des petits stades, l’ambiance est complètement différente. Ici, ce sont des ambiances comme Marseille, Strasbourg. Les gens, au stade, ils crient comme pas possible. Tu te promènes dans la rue, les gens te reconnaissent tout le temps. C’est pareil dans tous les clubs en Turquie. En France, certaines régions sont comme ça, comme Strasbourg, Paris, Marseille, Saint-Étienne, Nantes, ces ambiances-là sont très ressemblantes à la Turquie. La Turquie est un pays de foot alors qu’en France, il y a des régions de foot.

FM : en France, on parle pas mal de l’arbitrage en ce moment. Sentez-vous une différence entre les arbitres français et turcs ?

SB : oui, c’est différent ici. Les arbitres turcs ont leur mentalité, c’est complètement différent qu’en France. Il faut s’adapter. Ici, en Turquie, on peut leur parler mais il faut savoir comment leur parler. Certains faits de jeu portent beaucoup à confusion. À la fin de chaque match, il y a toujours des +6, +7, +8 minutes de temps additionnel très intrigant (rire).

FM : quel est le regard sur votre carrière en France ?

SB : je suis content. Quand on est au centre de formation, on voit qu’on est, sur peut-être 15 ou 20 joueurs de notre génération, 1 ou 2 à sortir. Moi, j’étais le seul à être sorti de ma génération. Je suis content d’avoir la carrière que j’ai actuellement. Je suis encore là, je perdure, j’ai encore de belles années devant moi, je suis encore au haut niveau. Je suis plutôt très satisfait de ce que j’ai fait.

« J’estime avoir tout fait pour être le plus en forme et apte à être dans la liste des 26 »

FM : en juin dernier, vous déclariez : « pour postuler (à la sélection), il faudrait que j’arrive à trouver un challenge dans un championnat compétitif. » La Turquie, est-ce l’endroit idéal pour mettre un maximum de chances de votre côté d’aller au Mondial avec le Cameroun ?

SB : je pense. Ce que le sélectionneur a dit dans la presse, c’est qu’il a envie d’avoir des joueurs compétitifs. Pour moi, la définition d’un joueur compétitif, c’est celle d’un joueur qui enchaîne les matchs, qui prend la confiance, spécialement pour un attaquant qui marque des buts. Ici, je me disais que j’allais être le n°1, que j’allais jouer, et que ça serait à moi d’être bon sur le terrain. Je joue, j’enchaîne les matchs pendant 90 minutes, je suis décisif, même si forcément, j’aimerais l’être encore plus. Mais je préférais plus être dans un championnat où j’enchaîne les matchs plutôt que d’être dans un championnat où je rentre 20/30 minutes ou que je commence et je sors à la 60ème. Je voulais m’assurer d’être le plus compétitif et le plus en forme possible pour postuler au groupe du Cameroun pour la Coupe du monde.

FM : êtes-vous en contact avec Rigobert Song ?

SB : non, depuis que le nouveau sélectionneur est arrivé, je n’ai pas eu l’occasion de discuter avec lui, mais je sais que le staff me suit.

FM : comment estimez-vous vos chances d’aller au Qatar ?

SB : au regard des sélections que j’ai eues, j’aurais dit « beaucoup de chance ». Mais là, il ne m’a pas appelé sur les derniers rassemblements. Forcément, je me remets en question, je me pose des questions. Voilà, je sais que de mon côté je joue, j’enchaîne les matchs, donc j’attends de voir ce qu’il en sera.






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