La campagne pour l’élection à la présidence de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) est loin d’avoir commencé. Mais en coulisse, les candidats affûtent leurs armes. La légende Samuel Eto’o, autrefois faiseur de roi, travaille désormais pour se tailler le costume de patron. Seul hic,  il n’est pas seul à avoir cette ambition.

La campagne pour la présidence de la Fecafoot va bientôt cristalliser l’attention du microcosme sportif camerounais, très passionné de son sport-roi. Elle  s’annonce électrique. Dans la plus grande discrétion, trois candidats peaufinent déjà les stratégies et les coups bas : Samuel Eto’o Fils, Géremi Njitap et Seidou Mbombo Njoya. Dans les états-majors de ces potentiels candidats, tous travaillent d’arrache-pied pour s’accorder les faveurs des membres de l’Assemblée générale de la Fecafoot, le jour dit.

Pour pouvoir prétendre à la succession de Seidou Mbombo Njoya, dont tout le processus qui l’a conduit aux affaires a depuis été annulé par le Tribunal arbitral du sport (Tas), les conditions de l’éligibilité ne sont pas aussi simples.  Si pour être candidat à la présidence de la République, il suffit,  entre autres  d’avoir 35 ans,  ne  peut être candidat à la présidence de la Fecafoot, que tout camerounais des deux sexes âgé d’au moins 40 ans révolus, remplissant les conditions générales d’éligibilité prévues par les statuts et qui est, soit délégué à l’Assemblée générale de la Fecafoot, soit parrainé au préalable par huit délégués (des corps de métiers) au moins de ladite Assemblée. Un délégué ne peut pas parrainer plusieurs candidats.

Les conditions d’éligibilité

Par ailleurs, le président sortant est autorisé à se présenter comme candidat sans parrainages, sous réserve des conditions d’éligibilité prévues dans les statuts de la Fecafoot. Enfin, tout candidat à la présidence de la Fecafoot doit déposer une caution de deux millions (2.000.000) de F CFA par chèque certifié, libellé à l’ordre de la Fecafoot, au moment du dépôt de la candidature, etc.

Comme Didier Drogba en Côte d’ivoire, Samuel Eto’o a décidé de se jeter dans le grand bain. Il n’a échappé à personne que lors de sa tournée nationale en début d’année 2021, Samuel Eto’o, rusé qu’il est, a surtout rencontré les personnalités issues du monde du football. Seidou Mbombo Njoya, dont Samuel Eto’o ne s’est pas caché pour financer son « élection » a vu d’un mauvais œil la pré-campagne de son parrain d’hier.

Comme en politique, les basses manœuvres ont alors commencé. Il a notamment été demandé au Comité d’éthique de la Fecafoot d’introduire un amendement sur les conditions d’éligibilité qui écarterait tous candidats ayant une double nationalité. Samuel Eto’o qui possède également un passeport espagnol est particulièrement visé. Soupçonnant son secrétaire général Benjamin Didier Banlock d’être de connivence avec le goaleador camerounais, le Comité d’urgence de la Fecafoot s’est récemment réuni pour statuer sur son cas. La très probable candidature de Samuel Eto’o a créé une friction au sein de l’instance faitière du football camerounais, pour le dire le moins.  Les plus hauts responsables et surtout  les membres du Comité exécutif  de la Fecafoot ne se regardent plus qu’en chien de faïence.

La recherche des parrainages

Il y a quelques jours, Seidou Mbombo Njoya, à la recherche des parrainages au sommet de l’Etat, a demandé à être reçu en audience par Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre d’Etat secrétaire général à la présidence de la République. Le très influent Samuel Eto’o qui a les entrées partout au Cameroun doit néanmoins savoir que son aura et sa puissance financière le rendent insaisissable aux yeux des politiques.

Face à Samuel Eto’o, il y a un autre adversaire de taille : Geremi Njitap, le président du syndicat des footballeurs camerounais. Le président Afrique de la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro) n’a jamais fait mystère de ses ambitions de diriger un jour, le football camerounais.

Ces deux anciens Lions, avides de pouvoir, ont depuis près d’une dizaine d’années, influencé toutes les batailles juridiques, en cours, à la Fecafoot. En 2015, c’est d’ailleurs pas crainte d’une éventuelle candidature de Geremi  Njitap, que l’âge limite pour être président de la Fecafoot était passé de 35 à 40 ans. Prenant cette disposition avec fair-play, il avait négocié et obtenu la place de 4ème vice-président de la Fecafoot sous l’ère Tombi à Roko.

En attendant que les candidats soient officiellement déclarés, Seidou Mbombo Njoya, sans fondement juridique, a fait entamer les élections dans les ligues départementales, puis suivront les régionales. Une situation qui embarrasse la  Confédération africaine de football (Caf), qui se trouve «extrêmement gênée». Comment des gens dont l’élection a été annulée par le Tas peuvent-ils conduire efficacement un processus électoral ? La Caf, en accord avec la Fifa et le gouvernement camerounais songeraient de nouveau à nommer un Comité de normalisation du football camerounais. Une solution cosmétique qui a depuis, montré ses limites au Cameroun et qui viendrait simplement ralentir les appétits des candidats.

 

 






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