Seules trois équipes sur les douze qui participent à la Coupe d’Afrique des nations ont une femme à leur tête. 

Desiree Ellis avec l’Afrique du Sud, Gaoletlhoo Nkutlwisang avec le Botswana et Kaï Tomety avec le Togo sont les seules dames patronnes techniques des sélections à la Can 2022 au Maroc. Une situation pas spécifique à l’Afrique, mais qui perdure et pose question. Elles étaient trois en 2014, deux en 2016 et en 2018. Et cette année, elles sont encore trois coaches à la tête d’une sélection disputant la Coupe d’Afrique des nations féminine. Une Can 2022  durant laquelle il y a donc davantage d’équipes participantes – 12 contre 8 auparavant – mais pas forcément plus de sélectionneuses.

A en croire Rfi, c’est une situation loin d’être spécifique à l’Afrique, 6 des 16 postes à l’Euro 2022 (6-31 juillet en Angleterre) étant occupés par des femmes, 4 sur 10 à la Copa Americana (8-30 juillet) et 3 sur 8 au Championnat féminin de la Concacaf (4-18 juillet). Le phénomène semble juste davantage prononcé sur le continent.

Au grand dam de Kaï Tomety qui conduit le Togo à sa première phase finale de CAN : « Nous pensons qu’il faut laisser la place aux femmes dans les autres pays pour coacher les filles parce que je ne vois pas de femmes dans le football masculin. Il faut que les hommes laissent la place aux femmes, lance-t-elle. J’ai été une ancienne joueuse et j’ai rêvé toute ma carrière de disputer la CAN. Je suis là aujourd’hui en tant que symbole de tout un peuple et de toutes les femmes togolaises qui jouent au football. Elles ont toutes porté leur confiance en moi et c’est pour cela que je suis à la tête des Eperviers dames ».

« Avoir un coach femme pour une équipe féminine, c’est mieux »

L’attaquante togolaise Mafille Woedikou, qui évolue par ailleurs sous les ordres de la Française Ophélie Meilleroux à Yzeure   (deuxième division française), déclare sans hésitation préférer les entraîneures aux entraîneurs. « Sans mentir, c’est vraiment différent, assure-t-elle. La manière dont les coaches hommes coachent et prennent les joueuses est différente de la manière dont les coaches femmes nous prennent. Entre femmes, on arrive à se comprendre vite. Donc, je crois qu’avoir un coach femme pour une équipe féminine, c’est mieux ! »

Bruce Mwape, qui dirige la Zambie, assure pourtant ne pas vouloir piquer le travail de ses consœurs : « Même nous, en tant qu’entraîneurs masculins, nous aimerions encourager les entraîneures à prendre le relais. Nous voulons que le football de nos pays soit dirigé par davantage d’entraîneures. Je suis sûr que c’est ce qu’on essaie de réaliser un peu partout. »

Manque de soutien des fédérations et de formations

Desiree Ellis, patronne des Sud-Africaines, fait un peu figure d’exception dans le paysage du foot féminin en Afrique. Au Maroc, elle en est à sa troisième phase finale de suite avec les Banyana Banyana. Une longévité qu’elle explique en partie ainsi : « Le président de notre fédération, le Dr Danny Jordaan, a pris une position très tôt : que toutes les sélections féminines, y compris les moins de 17 ans et les moins de 20 ans, soient dirigées par des entraîneures. Je pense que c’est à la fédération de donner leurs chances aux coaches femmes. Et, en plus de créer des opportunités, il faut s’assurer qu’elles bénéficieront d’un vrai soutien lorsqu’elles accèderont à des postes qualifiés. Je pense que ce sont les deux points principaux lorsqu’on nomme quelqu’un. C’est vraiment important ».

Même si elle partage le constat de Desiree Ellis, l’Ivoirienne Clémentine Touré, autre technicienne iconique du continent, avance une explication complémentaire. « Je pense qu’il y a beaucoup de femmes qui ont du mal à venir en formation. Donc, il faut les encourager à venir se former : les anciennes joueuses, les professeures d’éducation physique et sportive qui maîtrisent le football. […] Il faut les aider à obtenir les différents diplômes de coach. C’est très avantageux et ça pourra les aider dans leur carrière.

Dans certains pays, c’est donc difficile de trouver des entraîneures et dans d’autres il y a un manque de confiance. C’est aux femmes de s’affirmer et de prendre confiance en elles. J’ai donné des cours dans certains pays et j’ai vu combien il est difficile pour certaines de venir. Dans certains pays, il y a une concurrence entre femmes et hommes. […] Les femmes méritent d’être dans les staffs des équipes nationales féminines », conclut celle qui se verrait bien coacher un jour des hommes.






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