Le ministre des Sports et de l’Education physique, en poste depuis le 4 janvier 2019, s’était fixé pour principale mission d’impulser le renouvellement des organes dirigeants des fédérations nationales sportives. Une intention qui est restée lettre morte. Il se consacre plus à gérer le football, avec un bilan mitigé.   

Même lors des guerres les plus atroces, on n’a jamais exclu aux journalistes d’assurer la couverture. Un exploit qu’a voulu réaliser les Camerounais. Lors des réunions préparatoires du match Cameroun-Malawi, les autorités en charge du football camerounais ont émis le vœu d’exclure la presse de la couverture de cette rencontre comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde Qatar 2022. Finalement, seule une cinquantaine de privilégiés, parmi lesquels 10 journalistes, ont pu assister à ce match au Complexe Sportif d’Olembe, vendredi 3 septembre.

La Fédération camerounaise de football avait alors évoqué les mesures sanitaires liées au Covid pour justifier cette décision politique. Or, la vérité est tout autre : le ministre en charge des Sports Narcisse Mouelle Kombi tenait à montrer au président de la République que « son » stade est «prêt».

La confédération africaine de football (CAF) a  réagi, à travers un communiqué, en précisant que : “L’autorisation de jouer le match en question au stade d’Olembe a été donnée sur la base d’informations tronquées, qui ne rendaient pas compte du fait que le stade en question est encore à ce point en chantier, que l’accueil d’un match international comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA Qatar 2022 n’est en principe pas possible”.

Depuis la nomination de Narcisse Mouelle Kombi comme président du Comité d’organisation du Championnat d’Afrique des nations et de la Coupe d’Afrique des nations, sa carrière politique est étroitement liée à la réussite de ces deux grands évènements sportifs.

Craignant de peur que les journalistes ne viennent découvrir la forfaiture, ils ont commis l’impair de vouloir les exclure. Le mensonge a permis de mettre à nu les nombreux manquements autour de cette infrastructure sportive, fleuron du Renouveau, donc la livraison tarde à se concrétiser.

L’Etat n’est ni omnipotent, ni omniscient

24h/24, Narcisse Mouelle Kombi, 59 ans, veille à ce que l’organisation de la prochaine Can au Cameroun soit conforme au cahier des charges de la Caf. Ces descentes sur les chantiers de la Can pour impulser les entreprises à remplir leurs missions dans les délais ne se comptent plus.

Du coup, il accorde très peu d’intérêt aux autres disciplines sportives. Les Lions du basket, qui sont de retour d’une campagne infructueuse de la Can au Rwanda, ou les volleyeurs qui disputent en ce moment leur Can à Kigali n’ont pas connu d’attention particulière à leur égard.

Ce membre suppléant du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, à la moustache noire, généralement tiré à quatre épingles ou en tenue traditionnelle Sawa, peut désormais quitter son bureau tous les soirs, avec le sentiment du premier devoir accompli, après l’organisation parfaite de la cérémonie du tirage au sort.  Reste maintenant pour lui, à concrétiser ce succès, autour des autres défis qui interpellent son département ministériel.

Narcisse Mouelle Kombi a fini de gérer ses affaires domestiques qui traînaient en justice. Les trois hommes à qui il était reproché d’avoir distrait 110 millions de Fcfa chez lui, croupissent désormais à la prison centrale de Kondengui. Il peut donc aisément se consacrer à ses missions régaliennes. En se souvenant par exemple que le jour de son installation au ministère des Sports, il s’était fixé comme principale mission d’impulser le renouvellement des organes dirigeants des fédérations nationales sportives.

Alors qu’une olympiade ne dure que quatre ans,  depuis 2013, aucune fédération sportive camerounaise n’a renouvelé ses organes dirigeants, excepté la Fecafoot, avec le lot de problèmes que l’on sait. Un laxisme assez grave qui n‘émeut plus personne au pays de Paul Biya, où l’inertie et le mensonge sont depuis érigés en méthode de «bonne» gouvernance.

Narcisse Mouelle Kombi n’ignore sans doute pas que : « l’Etat n’est ni omnipotent, ni omniscient ». Puisque si le président de la République Paul Biya, avait connaissance de la réalité du terrain, il aurait certainement nuancé ses propos quand, au gré des rapports erronés, parlant de la Can 2019, il avait plusieurs fois annoncé au monde entier : « Que le Cameroun sera prêt le jour dit ».






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