L’emblématique président de Diamant de Yaoundé est mort ce jour à l’hôpital général de Yaoundé de suites de longue maladie. Ancien international camerounais de handball, devenu gardien de but de football, il s’était reconverti dans l’entraînement, avant de créer sa société Etracam. Il s’était depuis éloigné du football en devenant pasteur. Il était âgé de 68 ans.

 

La maladie qui rongeait Claude Ndzoundja a fini par l’emporter. Interné depuis de long mois au Centre des réhabilitations des handicapés à Etoug-Ebé, où il ne se déplaçait plus que sur fauteuil roulant, l’emblématique président de Diamant de Yaoundé (1985 – 1992) est finalement décédé à l’hôpital général de Yaoundé.  De Claude Ndzoundja on gardera les six étapes qui ont le plus marquée sa vie : handballeur, footballeur, entraîneur, président de club, homme d’affaire et pasteur.

S’il est né à Mbalmayo le 3 juin 1952, c’est à Douala que le jeune Ndzoundja grandi. Fils d’un passionné de football (son père est l’un des fondateurs de l’Union de Douala), s’est tout naturellement qu’il s’adonne au sport dès son enfance. Pendant la décennie 60, alors qu’il est collégien, il participe à de nombreux matchs de championnats inter-scolaires, comme gardien de but de handball. Mais lors des championnats inter quartiers, il garde plutôt les cages de football. Il va exceller en handball, jusqu’à être sélectionné plusieurs fois en équipe nationale du Cameroun.

Cependant, son père a pour seul souci que son fils se consacre à ses études. C’est ainsi, qu’après son baccalauréat, il est envoyé en France pour continuer ses études. En hexagone il délaissera le handball.

En conciliant football et étude,  il va parvenir à signer un contrat professionnel à  Fontainebleau, qui évolue alors en deuxième division française. Devenant de ce fait, l’un des tous premiers gardiens de but d’origine africaine  à signer un contrat professionnel, en Europe. N’ayant pas pu s’imposer en France, il va migrer en Allemagne, où il évoluera dans de clubs amateurs.

Offre à Bell son premier pantalon

A la fin de sa carrière de footballeur, il va se reconvertir dans  l’entraînement. Il  va notamment entraîner des modestes clubs en Allemagne. Lors de ses vacances au Cameroun, pendant la décennie 70, il va se lier d’amitié avec Thomas Nkono et Joseph Antoine Bell qui sont deux excellents portiers. De l’avis de Jojo, c’est Claude Ndzoundja qui lui a offert son premier pantalon de gardien, alors qu’il était habitué « à jouer en bermuda jean ». La sélection nationale du Cameroun n’ayant pas d’entraineur spécifique de gardiens de but, il va grâce à sa ruse apporter son aide, dès 1978, comme coach des portiers des Lions. A chaque grand regroupement des Lions, il va se débrouiller à être de l’aventure, ceci jusqu’à la phase finale de Coupe du Monde « Espagne 1982 ».

Entre temps, ses études supérieures en économie, lui ont permis d’être recruté comme cadre à la société française SEREL. Il sera affecté au Cameroun  comme directeur général de  SER-Cameroun, une filiale du groupe français SEREL en 1984.

Sa passion pour le football étant resté intact, il va régulièrement assister aux entraînements de Diamant de Yaoundé, dirigé à l’époque par le président Zeufack. Il fait la connaissance de ce dernier qui est malheureusement à cette époque-là en grande difficulté.  Zeufack voyant l’aisance  financière de Claude Ndzoundja va lui proposer de prendre la présidence de Diamant de Yaoundé, alors en deuxième division dans la région du Centre.

Zouclo crée Etracam

Dans la foulé,  l’homme qui se fait appelé affectueusement Zouclo crée l’entreprise Etracam qui est spécialisée dans l’assainissement urbain. Il gagne de nombreux marchés et emploie environ 1200 personnes. Comme, il se fait beaucoup d’argent, il a de quoi bien motivé ses joueurs. Dès sa première année à la  tête du club, Diamant retrouve l’élite. En homme très fière de ses prouesses, il déclara alors : « Quand j’ai fait monter Diamant en première division, chaque joueur a touché comme prime, une somme de 5 millions de Fcfa. » Une information jamais démentie jusqu’à ce jour.

S’inspirant de l’homme d’affaire français Jean Luc Lagardère en France, qui vient à coup de millions de monter une grande équipe, le Matra Racing club, Claude Ndzoundja recrute de nombreux bons joueurs : Emile MbouH Mbouh, Angibeau Didier, André Kana Biyik, Yves Bellé Bellé, Jean Jacques  Missé  Missé, Ndondiep, et Benjamin Massing, Ces deux derniers, de regretté mémoire.

Il fait de Diamant un club professionnel, où la moyenne de salaire est  de 400 000 F CFA. C’est la révolution dans le football au Cameroun. Les autres clubs qui baignaient dans un amateurisme total (Tonnerre, Canon, Union, Santos de Yaoundé et bien d’autres) sont obligés d’améliorer les conditions salariales de leurs joueurs.

L’équipe de Diamant entraînée par Michel Kaham joue bien, mais perd deux finales de Coupe du Cameroun, chaque fois face au Tonnerre de Yaoundé, en 1987 (2-4) et 1989 (0-1). Le TKC ayant fait le doublé Coupe-championnat, c’est le malheureux finaliste  Diamant de Yaoundé qui représente le Cameroun à la défunte Coupe des vainqueurs de  Coupes. Chaque fois, l’équipe du président Claude Ndzoundja s’est fait éliminer aux portes de la finale, notamment en 1988 quand ils ont perdu la demi-finale face au club tunisien de CA Bizerte.

Sa plus grande déception

Mais c’est en championnat que Claude Ndzoundja va essuyer sa plus grande déception. Alors que le championnat national de cette  édition 1990-1991 est rendu à sa dernière étape, le club de Yaoundé se déplaçait à Douala pour affronter Caïman. Les Diamantinois n’avaient besoin que d’un point pour être sacrés champions. De son côté, Caïman devait impérativement gagner pour se maintenir en première division. Pendant l’ultime  minute du temps additionnel Diamant tenait son sésame jusqu’à ce fameux corner inscrit directement par Elessa Baudelaire aux ultimes secondes du match qui permit au club d’Akwa d’assurer son maintien.  Canon sportif de Yaoundé est sacré champion. C’est ce dernier revers qui  poussa Zouclo a quitté définitivement la scène du football camerounais, pour consacrer sa vie à Dieu.

A propos de son orientation spirituelle, il expliquait : « il y a un temps pour chaque chose et une chose pour tous les temps, la parole de Dieu. Je suis un croyant biblique. J’ai été coordonnateur national du ministère de la Voie au Cameroun, une filiale de The Way International, un ministère à l’échelle mondiale de recherche, d’enseignement et de communion bibliques ; un ministère non confessionnel, dont le siège se trouve dans l’Ohio  aux Usa. Je rends grâce à Dieu de m’avoir donné de beaux enfants et surtout une femme merveilleuse qui m’a toujours supporté (.. .) Je veux mettre toute mon intelligence, ma force et ma croyance pour les rendre heureux, en développant le mieux possible tout ce que j’ai investi. Je veux aussi bien vivre et tranquillement, pour le restant de mes jours ». Il s’en est allé dans l’anonyma le plus total.

La rédaction de journalducameroun adresse à la famille de l’illustre disparu ses très sincères condoléances






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