Elu ce samedi 11 décembre à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), la légende camerounaise a une lourde mission. Entre la légitimation de son élection, les finances exsangues et les recettes en berne, l’ancien capitaine des Lions devra s’attaquer de front à plusieurs chantiers. Tout en faisait évoluer la gestion de cette association.

L’image de Samuel Eto’o en larme de joie avant la fin du dépouillement a fait le tour du monde. La Fecafoot au terme de son Assemblée générale élective  a désigné son nouveau président, ce samedi 11 décembre 2021 à l’Hôtel Mont Fébé. Au terme d’un scrutin  houleux, du fait de nombreux préalables et des procédures, Samuel Eto’o, 40 ans,  a été élu par 43 voix, contre 31 pour Seidou Mbombo Njoya et deux abstentions. Le choix de la rupture.

En effet, après plusieurs jours de campagne, de tractations et de désistement, plusieurs prétendants ont finalement signé un pacte les rangeant derrière les deux favoris Seidou Mbombo Njoya et Samuel Eto’o. Le quadruple Ballon d’or africain, succède ainsi au président intérimaire, après un jeu électoral bien mené. D’enfant des quartiers pauvres de  Mvog-Ada (Yaoundé) et New-Bell (Douala) à patron du football camerounais, Samuel Eto’o sait que les défis qui l’attendent sont immenses.

La délicate question de légitimité et de légalité

Les précédents comités exécutifs de la Fecafoot ont été émaillés par de nombreux problèmes juridiques, certains pendant encore au Tribunal arbitral du sport (Tas). Du fait de l’annulation des processus électoraux qui ont été organisés depuis 2013, le processus électoral ayant conduit à l’élection de Samuel peut compromettre sa légitimité.  L’équipe du nouveau président devra trouver les stratégies juridiques idoines pour légitimer son pouvoir.

Le Tas en déboutant le camp d’Abdouraman Hamadou Baaba qui souhaitait faire annuler  ce processus  électoral a envoyé un signal fort aux différents protagonistes.

Rétablir la Ligue de football professionnel dans ses droits

La gouvernance de Seidou Mbombo Njoya a été parée par les dissensions énormes au sommet entre le président de la Fecafoot et le président de la Ligue de football professionnel du Cameroun. Des discordes qui ont conduit à la dissolution de la Ligue de football professionnel. La Fecafoot ayant choisi d’organiser les championnats d’élite dans le seul but de contrôler des éventuelles droits télés et marketings.

L’harmonie au sommet sera une des clés du succès du nouveau président de la Fecafoot. L’essentiel étant de restaurer la Ligue de football professionnel dans ses droits. La Fecafoot, en tant que tutelle,  doit veiller à l’application du cahier des charges des clubs. Elle doit aider la Ligue à mettre en place une gouvernance fluide.

Le football professionnel a besoin des clubs bien structurés qui devraient évoluer en modèle des entreprises, en passant du statut d’association à celui de société anonyme. Les clubs, sans siège, dits «professionnel» ne peuvent plus continuer à s’entrainer sur des terrains nus, tout en espérant jouer dans des stades cinq étoiles !

Mettre en place son programme ambitieux

Un autre défi s’impose au nouveau président de la Fecafoot. Celui de montrer aux yeux des Camerounais encore sceptiques  sa capacité à gérer de façon efficace notre football. Son programme qui intègre tous les composantes et catégories (des minimes aux vétérans) en passant par les dérivés du football  (Futsal et Beach Soccer) ne peut réussir sans le concours de l’Etat et des collectivités locales. Ces derniers, devront permettre la construction des terrains de proximités,  pour aider la pratique du football jeune et scolaire.

Renflouer les caisses de la Fecafoot

Au-delà du contexte sanitaire et économique difficile, les enjeux pour le foot camerounais sont immenses. Tous les experts le disent, le développement économique reste le principal défi qui attend Samuel Eto’o et son équipe, qui doit prioritairement endiguer la saignée des jeunes vers les clubs étrangers, très souvent moyens. A cet effet, le nouvel exécutif de la Fédération devra s’atteler à s’attirer de nouveaux sponsors. La Fecafoot doit avoir un partenaire dans chaque grand secteur d’activité : équipementier, industrie brassicole, téléphonie, eau minérale, banque, assurance, automobile, aéronautique, horlogerie,  loterie, gastronomie, etc.

Faire triomphé les sélections nationales

Sur le strict plan sportif, le successeur de Seidou Mbombo Njoya aura un grand défi à relever : faire feu de tout bois pour que les Lions indomptables se qualifient pour la Coupe du monde, Qatar 2022. Les retombées financières d’une participation à une phase finale de Coupe du monde étant la mamelle nourricière de la fédération.

Le nouvel exécutif aura comme baptême du feu, la phase finale de la 33ème édition de la Can que le Cameroun s’apprêter à accueillir. Elle doit jouer son rôle technique afin que les Lions indomptables triomphent. Les sélections nationales (masculine et féminine) étant sur plusieurs fronts, la Fecafoot doit apporter sa contribution afin que toutes ses équipes se qualifient  pour les phases finales des compétitions où elles sont engagées.

Et enfin, restaurer l’image de la Fecafoot

A ces défis, d’autres défis nom moins importants s’ajoutent. Il s’agit de celui notamment de l’image de la Fécafoot. Depuis une dizaine d’années, les batailles juridiques et les scandales de corruptions (vraies ou fausses) secouent la Fecafoot. L’image de cette association s’est donc nettement détériorée.

Avec l’arrivée de la star mondial Samuel Eto’o, pour un mandat de quatre ans, un autre défi attendu par tous, sera de redorer l’image de cette institution. Ceci passe inévitablement par l’union sacré autour du football camerounais, une bonne gouvernance, la transparence dans la gestion et une communication exemplaire.






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