Elles sont nombreuses les équations que doivent résoudre le footballeur à la retraite pour présider aux destinées du football camerounais. Lui qui a, par le passé,  mené plusieurs batailles pouvant lui être préjudiciables le jour dit. Conscient de tout cela, l’ancien capitaine clivant se veut désormais rassembleur. Un match à haut risque qui a déjà commencé.  

Accéder au fauteuil présidentiel de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) est beaucoup plus compliqué que marquer des buts dans des défenses hermétiques. Samuel Eto’o s’en est bien rendu compte depuis qu’il s’est lancé dans la campagne pour briguer le poste de président de la Fecafoot. L’ancien goaleador très adulé des fans est aussi décrié par ses adversaires. Et est surtout craint par les politiques qui aiment fonctionner avec des gens n’ayant pas de forte personnalité.

Dans un environnement politique au pouvoir hyper centralisé, Samuel Eto’o sait qu’il doit se faire adouber par le Palais de l’Unité pour accéder à la présidence de la Fecafoot. Un poste hypersensible dans un pays où le football est utilisé comme opium du peuple. Mais comment imposer la démocratie dans un environnement antidémocratique ? Faut-il le rappeler, aucune fédération sportive nationale, excepté la Fecafoot (avec le lot des problèmes que l’on sait), n’a renouvelé son exécutif depuis 2012. Au pays de Paul Biya, ce statut quo n’émeut personne.

Un acte de défiance

Le meilleur buteur de l’histoire des Lions indomptables (56 buts en 107 matches) s’imaginait-il un jour présider aux destinées du football camerounais quand il menait toutes ses batailles ? En refusant le drapeau national des mains de Philémon Yang, le Premier ministre de l’époque, à la veille du départ des Lions indomptables pour le mondial brésilien de 2014, l’ancien capitaine des Lions avait posé un acte de défiance aux conséquences insoupçonnables. Samuel Eto’o n’est revenu dans les bonnes grâces d’Etoudi qu’à la faveur des préparatifs de la Can 2019, compétition qui tient à cœur au président de la République.

C’est connu de tous, Samuel Eto’o est très proche à Ahmad Ahmad, l’ancien président de la Caf. Malgré un niveau d’impréparation criard, le pouvoir politique l’utilise à fond afin que la Can se tienne au Cameroun « le jour dit ». Depuis «le glissement de date», Paul Biya se méfie de l’ancien Pichichi de la Liga espagnole. Pour résoudre cette équation, il ne lui reste plus qu’à convaincre le joker Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République.

Après l’affaire dite du Marrakechgate qui avait conduit à sa suspension de huit mois de la sélection nationale, le richissime footballeur n’a jamais fait mystère d’avoir contribué à la chute d’Iya Mohamed à la tête de la Fecafoot. Son influence ne s’est pas limitée à l’échelle nationale. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, il a également revendiqué avoir contribué à la déchéance d’Issa Hayatou, à la Caf.

Pour légitimer une élection

S’il s’est depuis réconcilié avec Iya Mohamed, allant jusqu’à lui rendre visite sur son lit de malade à l’hôpital de la Caisse nationale de prévoyance sociale à Yaoundé, reste à savoir quelle altitude afficheront les fidèles de l’ancien DG de la Sodecoton le jour du scrutin. Il en va de même des partisans d’Issa Hayatou, qui reste une personnalité très influente du football Camerounais. Surtout que si le dossier de Samuel Eto’o est validé, il aura, entre autres challengers,  son filleul Seidou Mbombo Njoya.

Le triple vainqueur de la Ligue des champions (2006-2009-2010) qui a pendant longtemps travaillé pour verrouiller le système électoral à la Fecafoot, afin de placer ses pions, doit désormais faire usage de toute son influence pour le déverrouiller. Une tâche qui s’annonce immense, tellement les dirigeants du football camerounais sont divisés sur la question. Le parrain d’hier ayant, par exemple, contribué à faire dissoudre la Ligue de football professionnel du Cameroun, dans le seul but que la Fecafoot, au cas où il remporte les élections à venir,  contrôle dorénavant les éventuels droits télés.

Enfin, à deux mois de l’élection à la présidence de la Fecafoot, l’ancien faiseur de roi, qui est très populaire dans l’opinion, sait qu’il doit surtout persuader les membres de l’Assemblée générale de la Fecafoot. Mais laquelle ? C’est unanimement connu de tous les gens de bonne foi que pour légitimer une élection à la Fecafoot, il faut se faire élire par l’Assemblée générale de 2009. Seule instance fédérale reconnue par le Tribunal arbitral du sport.






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