Arrivé sur le Rocher en janvier 2020,  le Franco-camerounais Aurélien Tchouaméni a mis du temps à se mettre dans le bain. Mais aujourd’hui, il est avec Sofiane Diop le joueur le plus utilisé par Niko Kovač et l’un des milieux de terrain les plus complets de Ligue 1. Tout sauf une surprise. Son portrait est dressé par Sofoot.

Le 29 janvier 2020, alors que l’AS Monaco est coincé à la 9e place de Ligue 1, les dirigeants monégasques renforcent leur milieu de terrain avant la fin du mercato et anticipent les départs futurs de Tiémoué Bakayoko et Adrien Silva. Pour ça, ils achètent Youssouf Fofana à Strasbourg, mais surtout Aurélien Tchouaméni, pour 18 millions d’euros. Un beau cadeau d’anniversaire pour celui qui a soufflé sa 20e bougie deux jours avant son départ de Bordeaux, où il évoluait depuis ses dix ans. Problème : deux jours plus tard, lors de son baptême de l’air avec l’ASM, la défaite contre Nîmes plombe à nouveau l’équipe de Robert Moreno, au point de se demander s’il a bien fait de quitter un club malade pour un autre.

Heureusement, la saison ratée des joueurs du Rocher a été écourtée par le virus, et Niko Kovač est arrivé sur le banc, avec le succès qu’on lui connaît. Pour autant, il aura fallu attendre la nouvelle année pour assister à la vraie montée en puissance du grand Auré. « En décembre, on a eu une discussion où je l’ai un peu secoué, expliquait son père, Fernand, à France Football. Je trouvais qu’il avait été très en dedans entre septembre et octobre, qu’il se contentait du minimum. Pendant les fêtes, je l’ai invité à passer deux heures avec moi, en tête-à-tête. Je lui ai dit que je ne le reconnaissais pas et qu’il était devenu un joueur banal. Il me le reproche encore en ce moment en me disant : « Voilà le joueur banal. » Je trouvais que ses efforts ne se voyaient pas. En sortie de cet entretien, il m’a dit : « Tu vas voir. » »

Le père d’Aurélien Tchouaméni n’est pas le seul à avoir vu la métamorphose d’un garçon qui travaille désormais avec un psychologue, un kiné, un ostéopathe, un préparateur physique, un chef cuisinier et même un diététicien. Pourtant, en première partie de saison, c’est surtout Youssouf Fofana, arrivé le même jour que lui à Monaco, qui flambait. Avant que l’ancien Bordelais ne sorte du bois, multipliant les prestations XXL et montrant toute l’étendue de son talent. Depuis, ses qualités de récupérateur sautent aux yeux, que ce soit sur terre, où il est le troisième milieu de Ligue 1 à réussir le plus de tacles, ou dans les airs, où il remporte un paquet de duels aériens (67% depuis le début de saison). Mieux encore : il a progressé dans sa capacité à se projeter vers l’avant, ce qui l’amène à être plus présent dans la surface adverse, si bien qu’il a failli ouvrir le score d’un ciseau acrobatique contre Dijon (3-0) le week-end dernier.

S’il est devenu l’un des meilleurs milieux de terrain de Ligue 1 en moins d’un an, il le doit également à son caractère réfléchi, comme lorsqu’il évoquait avec L’Équipe ses débuts difficiles en Principauté. « Ce qui était compliqué aussi, c’était d’entrer en cours de jeu. (…) Avec le foot de maintenant, les médias et les réseaux sociaux, tu n’as pas le temps. Si tu n’es pas prêt direct, les gens vont te le faire comprendre. Il y a vingt ans, quand les joueurs rentraient chez eux, ils ne voyaient pas sur les réseaux sociaux 150 commentaires de personnes qui parlaient de ta performance. » Heureusement, le natif de Rouen a la tête sur les épaules, bien aidé par un cadre familial sain. Son père, directeur d’une usine de production de vaccins, et sa mère, CPE, sont très présents et l’ont poussé à obtenir son bac S en 2017, année de la Coupe du monde U17 et de la signature de son premier contrat pro. Quelques mois plus tard, il inscrivait son premier but avec le groupe A, en Ligue Europa, devenant le buteur européen le plus précoce de l’histoire des Girondins depuis Christophe Dugarry en 1990.

Sirop à la Tchou

C’est au Haillan, où il a d’abord été formé comme attaquant, que Tchouaméni a grandi. En tant que joueur, mais aussi et surtout en tant qu’adolescent. « Au centre, dans sa chambre, il avait souvent du sirop à la grenadine ou à la fraise, racontait Zaydou Youssouf, son coéquipier d’internat, toujours à France Football. Sauf qu’on n’avait pas le droit. Les gens venaient pour se servir. Les surveillants faisaient le tour des chambres pour voir si des jeunes avaient du Nutella, du jus ou autres. Aurélien, c’était le sirop. Au centre, on mange vers 19h30 et ça peut arriver d’avoir un petit creux jusqu’à 8h30 le lendemain matin. Comme on n’avait pas le droit aux gâteaux, le sirop amenait ce petit côté sucré, ça nous mettait bien dans la soirée ! » Outre son côté filou, Aurélien Tchouaméni, 21 ans, est surtout un mauvais joueur compulsif, au point même de sauter dans une piscine tout habillé pour calmer ses nerfs après une défaite à la console contre l’actuel joueur de Saint-Étienne. Un défaut qui pourrait passer pour une qualité lors d’un entretien d’embauche, surtout avec Kovač. Ses performances lui ont permis cette saison d’intégrer les Espoirs de Sylvain Ripoll, avec lesquels il a participé aux trois matchs de poule de l’Euro. Il paraît même que son nom circule déjà dans l’agenda du staff de Didier Deschamps. À toute allure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






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